Retour au vendredi 28 janvier 2022. Nous arrivons à la fin de notre séjour d’une semaine à New York City. Et là, le drame. Je reçois un SMS de Air France m’indiquant que notre vol du lendemain soir est annulé et reporté à dimanche soir, le surlendemain. Pas plus d’explication.
Alors tout d’abord, évidemment, la panique commence à s’installer, l’espoir que notre chambre à l’hôtel est disponible une nuit de plus, les appels à nos entreprises respectives pour les prévenir que nous ne revenons pas lundi comme convenu, et le doute d’un coup de pouvoir redécoller un jour…
Et puis, on comprend le pourquoi du comment : le blizzard arrive sur New York. Pas moins de 6 000 vols sont annulés, la radio ne parle que de ça dans les boutiques, et les américains semblent se préparer au pire.

Lorsque nous rentrons à l’hôtel ce soir-là, frigorifiés par les rafales glaciales qui sévissent déjà sur la ville, nous allumons la télévision et comprenons vite que ce n’est pas qu’une simple petite tempête qui fait son apparition… d’un autre côté, ça semble presque « normal » ici. Tous les ans, New York est confronté à au moins un blizzard. Et on peut dire qu’ils sont plutôt bien préparés, les consignes sont simples et claires : restez chez vous.
Le lendemain, en nous réveillant, de la neige… partout. Et, une belle couche ! Un vent excessivement fort, des rafales glaçantes à en donner mal au crâne, la grêle, incessantes, qui nous fouettent le visage. Et là, on se dit « on ne va pas survivre »… C’est d’un côté réellement frustrant d’avoir une journée supplémentaire à New York, notre rêve depuis plus de deux ans, et de ne même pas pouvoir en profiter…



Nous commençons la journée par un petit tour à Central Park, en attendant l’ouverture du Musée d’Histoire Naturelle, que nous avions réservé la veille avec le City Pass. Rester figé en attendant l’ouverture nous paraît insurmontable, nous préférons de loin passer ce quart d’heures à marcher et arpenter les sentiers de Central Park. Les rues sont presque désertes, très peu de voitures circulent, visiblement les gens sont restés chez eux, écoutant sagement les conseils des autorités. L’effervescence de New York n’est pourtant pas morte : les déneigeuses arpentent encore et encore les rues et les trottoirs. Inlassablement, toute la journée, nous les avons vu déambuler. Si bien qu’en réalité, New York n’a jamais réellement été à l’arrêt, ils sont si bien équipés, préparés et réactifs, ça m’a scotchée.

Quelques boutiques et restaurants sont fermés ce jour-là, et plus important encore les tentes réalisant les tests covid n’ont été sorties qu’à 17h30. Jusque-là, nous avions à peu près survécu à cette journée glaciale et physiquement épuisante.
Pour prendre notre avion le lendemain, nous avions besoin d’un test négatif au coronavirus de moins de 48 heures. Et pas assez fous pour le faire le dimanche matin, et risquer de ne pas recevoir les résultats en temps et en heure, nous nous sommes rendus à Time Square dans les alentours de 19 heures pour faire notre test. Sauf que nous étions loin d'être les seuls à avoir cette idée... et oui, tous les vols avaient été décalé au lendemain…
Et je vous assure que l’on était plutôt bien équipés contre le froid, à tel point que nous n’avons eu froid que cette journée-là malgré la semaine globalement froide. Mais ça n’a pas suffi. 1h40 à attendre dans les rafales glaçantes et incessantes de Time Square, à un ressenti de -17°C, statiques, figés sur place, tant la file d’attente avançait lentement… Les doigts de pieds gelés, à tel point que j’avais peur que dans la foule quelqu’un me marche sur le pied, car je craignais que mes orteils se cassent à ce moment-là… vous avez déjà vécu ? c’est horrible n’est-ce pas ?
Cette soirée nous a littéralement achevés. On a presque regretté d’avoir cette journée supplémentaire… à quoi bon avoir une journée supplémentaire si c’est une journée comme ça ?
Et puis, le dimanche matin, on se réveille, pas très motivés pour être honnête, tant la journée de blizzard nous avait épuisés. On se prépare doucement, on fait nos bagages, et on sort… sans trop d’espoir. En se disant simplement que nous allions « passer le temps » en attendant le vol du soir.
Et là… le miracle. Une merveille. Fini le vent, finies les rafales, finis la grêle, la neige, le ciel gris tournant au noir. A la place... de la neige, étincelante sous un ciel bleu et un soleil plus que radieux. Un miracle. Notre journée supplémentaire qu’on avait tant mérité.
Direction Central Park, et découverte des New Yorkais jouant dans la neige, construisant des bonhommes de neige, faisant de la luge ou encore du ski de fond… Une ambiance dingue alors que la ville dormait presque complètement la veille. Le calme après la tempête…littéralement. Et quel cadeau de voir Central Park sous cette couche de neige, avec cette impression d’être complètement ailleurs qu’en plein New York. Improbable. Et délicieux.


Au final, bien que ça ait été dur, mentalement et physiquement, bien que nous n'ayons jamais eu aussi froid, j'ai cette espèce de fierté d'avoir vécu le blizzard à New York. Nous savions que nous prenions le risque en venant en janvier. On a joué, on a perdu. Mais au final, je dirai qu'on a gagné une expérience, et des souvenirs... de dingue.
Un jour, on en rira, j’en suis persuadée… Mais pour le moment, mes orteils (et Quentin) me détestent encore un tout petit peu !